La Voix Humaine - Cocteau - Jeudi 21h30 - Dimanche 16h45


« … Chambre de meurtre… Femme étendue… victime médiocre… amoureuse d’un bout à l’autre… » Que va-t-elle faire maintenant ? Que s’est-il passé ?

Préface de Jean Cocteau :
« … Le rideau découvre une chambre de meurtre… par terre, une femme en longue chemise est étendue, comme assassinée. Silence… La femme parlera au téléphone debout, assise, de dos, de face, de profil, à genoux derrière le dossier de la chaise-fauteuil, la tête coupée, appuyée sur le dossier, elle arpentera la chambre en traînant le fil du téléphone, jusqu’à ... Chaque pose doit servir pour une phase du monologue-dialogue… une ombre haute derrière la femme… Le style de cet acte excluant tout ce qui ressemble au brio, l’auteur recommande à l’actrice de n’y mettre aucune ironie de femme blessée, aucune aigreur. Le personnage est une victime médiocre, amoureuse d’un bout à l’autre… »

- les jeudis à 21h30
- les dimanches à 16h45

Type Placement : Placement libre
Tarifs : TN : 26€ - TR : 20€ - TR moins de 15 ans : 16€
Auteur : Jean Cocteau
Mise en scène : András M. Kecskés, László Nádasy et Kata-Lina Varga
Avec : Katalina Varga
La presse en parle :

 

La Voix Humaine de Jean Cocteau avec Kata-Lina Varga à la Comédie Saint-Michel, Paris

Théâtre: deux amants sur le fil 

Kata-Lina Varga présente un spectacle à la Comédie Saint- Michel depuis le 9 janvier. Les représentations ont lieu le dimanche à 16h45 et le jeudi à 21h30. Mme Varga joue 'la voix humaine' de Jean Cocteau. Son personnage est relié à son amant par un fil, le fil du téléphone, et lui parle longuement, souvent dans la crainte d’être coupée. Elle avait déjà interprété ce rôle en Hongrie en langue française. Dans la représentation actuelle, un fauteuil est au centre, fauteuil sur lequel Mme Varga prend de multiples positions. La bande son et les lumières aidant, le spectateur se retrouve plongé dans une  performance à l’ambiance de huis clos.

On note de plus une dimension érotique. Certes, la chemise blanche de Mme Varga est ample mais n'est-ce pas celle de son amant, imprégnée de son odeur? La blancheur évoque-t-elle la virginité du personnage ou un linceul mortuaire? En tout cas, elle absorbe parfaitement la lumière rouge de l'apothéose. Toutes les positions lascives de cette femme à bout de nerf ont été parfaitement répétées et sa gestuelle est impressionnante d'imagination et de précision. Mme Varga passe en deux secondes d'un état stable et posé à une crise, lors de plongées dans les abymes du désespoir amoureux.

Elle décide de rajouter de la couleur en enfilant une cravate bigarrée puis joue avec le téléphone, le seul objet la reliant à son amant. Il se retrouve ainsi tout naturellement entre ses jambes. Quant à son fil, il s'entortille autour du cou de Mme Varga jusqu'à quasiment l'étrangler. Cette bipolarité de l'amant absent suscite une hystérie chez cette femme. Elle se rajeunit avec sa perruque blonde avant de s'abandonner à la nuit.

Grégory Sabadel, professeur de français